La charpente à cruck

Technique de fabrication archaïque des granges

 

Le Nord de la Corrèze région où les toitures en chaume ont longtemps persisté, apparaît comme conservatoire de cette très ancienne technique de charpenterie, couvrant principalement des granges étables basses, de type Limousin

Qu'appelle t-on “ cruck ”?

En langue anglaise, “ a cruck ” désigne un arbalétrier d'une seule pièce qui descendu faîtage jusqu'à proximité de la base des murs. Cette pièce de bois, généralement du chêne, présente un profil courbe.

 

la charpente en bois vestiges d'une grange à cruck du 17e

 

D'ailleurs, l'appellation de "courbe" ou corba était fréquente en Limousin autrefois.

Il s'agit là d'une technique de charpenterie très simple, basée sur le principe de la “ ferme au sol non triangulée ”, c'est-à-dire dans laquelle toute pièce horizontale, “ tirant ” " ou “ entrait ”, fermant à sa base le triangle et maintenant l'écartement, est absente.

L'assemblage sommital est simplement assuré par une petite pièce transversale, placée très haut, appelée “ joug ” ,

Les bases des grands arbalétriers, dont les couples varient de deux à six, selon la longueur du bâtiment couvert, sont soit en noyées dans la maçonnerie, soit en appui sur des dés de pierre pris dans les murs ou encore visibles parfois à l'extérieur, en débord des murs.

Dans tous les cas, il y a indépendance entre la continuité du mur et le système porteur toit. Il semble d'ailleurs, que la charpente était mise en place avant l'édification complète de ce mur-écran.

Par l'économie du nombre de grandes pièces de bois, par leur courbure et par l'emplacement des jougs d'assemblage, la technique du “ cruck ” était une formule simple et économique, particulièrement bien adaptée à la couverture légère d'espaces de faible hauteur et profondeur.

Connue dès le Moyen Age, la charpente à “ cruck  ” s'est maintenue jusqu'au 19ème siècle, dans les constructions dont les couvertures n'ont pas été refaites en ardoise, matériau beaucoup plus lourd qui nécessite une charpente plus complexe.

Les quelques exemples subsistants, dans les Monédières ou sur le Plateau des Millevaches se trouvent sur des constructions pour la plupart à l'abandon.

 

 

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