La vicomté de Turenne

 

La vicomté de Turenne est située à cheval sur les départements de la Corrèze, dans les régions de Tulle et de Brive, du Lot et de la Dordogne actuels ; son chef-lieu était la petite ville de Turenne. Le castrum de Turenne apparaît pour la première fois dans les textes en 767 quand il est attaqué, pris et donné par Pépin le Bref à Immon, premier comte de Quercy. C'est au IXe siècle (823) qu'apparaissent les premiers vicomtes de Turenne, Son premier titulaire connu est le comte Rodolphe mort avant 844.

 

Blason de Turenne

carte de la vicomté de Turenne

 

L'emplacement du premier château de Turenne, on cite un lieu appelé Vieille Turenne , qui se trouve à 1,5 km au nord-est de Turenne, au-dessus du village de Gondres.

Ce serait Archambaud « Jambe Pourrie » qui aurait déplacé le château à son emplacement actuel à la fin du Xe siècle ou son petit-fils Guillaume Ier, dans la première moitié du XIe siècle.

Devenu un véritable État féodal à la suite des Croisades, en profitant de l'affrontement entre Capétiens et Plantagenêts, c'est un des plus grands fiefs de France au XIVe siècle.

La vicomté de Turenne jouit du Moyen Âge au XVIIIe siècle d'une grande autonomie.

En 1444, la vicomté devient la possession de la famille La Tour d'Auvergne, à la suite du mariage d'Anne Roger de Beaufort, vicomtesse de Turenne avec Annet IV de La Tour, seigneur d' Olliergues. À leur apogée, Henri de La Tour d'Auvergne, coreligionnaire et compagnon d'armes du roi Henri IV, devient duc de Bouillon et prince de Sedan ; son fils Henri, maréchal de France, reçoit le surnom de « grand Turenne ».

La vicomté forme un État dans l'État. Ainsi, lorsque le roi interdit dans le royaume la culture du tabac, introduite en Aquitaine en 1560, cette mesure ne s'applique pas à la vicomté, où, au contraire, elle s'intensifie.

Jusqu'en 1738, les vicomtes, tenus à un simple hommage d'honneur envers le roi de France et exempts d'impôts à son égard, agissent en véritables souverains : ils réunissent des États généraux, lèvent les impôts, battent monnaie, anoblissent, peuvent lever une armée.

Sous la famille de La Tour d'Auvergne, la vicomté passe à la Réforme, le calvinisme. En 1575, après la Saint-Barthélemy, Henri de La Tour s'engage aux côtés d'Henri de Navarre ; Turenne devient une place forte protestante pendant les guerres de Religion.

Le 8 mai 1738, Turenne est vendue à Louis XV pour rembourser les dettes de jeu de Charles-Godefroy, le dernier des vicomtes de la famille de La Tour d'Auvergne. Ainsi prend fin la quasi-indépendance du dernier fief français. Les viscomtins, devenus sujets de Louis XV, sont alors contraints à l'impôt et le roi ordonne le démantèlement de la forteresse. À la Révolution, Turenne n'est plus que le siège d'une prévôté royale.

 

 

Citadelle de Turenne   -   les quatre  vicomtés